Le travail, et après?

Éditeur ECOSOCIETE
Collection : Écosociété
Paru le
Papier ISBN: 9782897193089
Numérique - Epub Protection: filigrane ISBN: 9782897193102
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Numérique - Pdf Protection: filigrane ISBN: 9782897193096
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Dans notre monde productiviste, la croissance serait inévitable pour que chacun puisse travailler. Étrange paradoxe selon lequel tout le monde cherche à être un rouage de la société du travail alors qu’il n’y a pas si longtemps, les promesses de la société des loisirs nous invitaient à nous en libérer alors que les machines étaient censées nous faciliter la vie.   Face aux platitudes conceptuelles qui font du « travail » un absolu tombé du ciel, Le travail, et après ? entend semer le dissensus et activer la réflexion. Les quatre auteurs s’attaque ici à la centralité du travail dans nos vies, dans une perspective de décroissance. Leurs critiques rejoignent plusieurs sphères du travail : le mythe du plein emploi, le salariat, le management et ses ravages, la servitude volontaire des cadres et des classes moyennes ou encore le rôle de l’éducation arrimée au monde du travail. Leur but commun : « penser contre le travail » plutôt que chercher à l’aménager pour le faire perdurer. Ne se limitant pas à la critique, ils veulent imaginer des voies de sortie plutôt que chercher à sauver un système qui nous broie.   Sans chercher à proposer un programme commun de sortie de l’univers productiviste, c’est plutôt dans un ici et maintenant, sur nos lieux de travail ou dans nos agences pour l’emploi qu’ils nous invitent à prendre le parti de limiter, contrer ou refuser ce qui nous nie et nous détruit, en fonction de nos propres capacités. Aucune orthodoxie n’émane toutefois de ce texte, si ce n’est le désir partagé de remettre en cause le dogme du travail pour tous, du travail comme élément structurant de la vie individuelle et collective, de l’activité rémunérée et – si possible – rémunératrice comme horizon existentiel prépondérant. Les auteurs s’emploient à critiquer le travail et à montrer l’hypocrisie d’un monde qui pense encore que le travail rend libre alors qu’il devient rare.   Leurs propos s’inscrivent dans le cadre d’une opposition à un ordre économique planétaire qui nous dresse les uns contre les autres dans un formidable combat des humains au travail contre d’autres humains travailleurs ou sans emploi. Penser la transition au-delà de la société du travail plutôt que la subir, voilà également leur objectif.   Tout un monde gravite autour du travail : celui de la production et de la surproduction, celui de la consommation et de la surconsommation, puisqu’il semble que cette civilisation n’en a jamais assez et que sa survie dépend de sa capacité à toujours « innover » sur le champ du marketing – qui doit inciter chacun à acheter, vendre, produire, pour gagner un « bonheur » standardisé. Cela n’est plus possible ; il faut penser à en sortir.

Les libraires craquent

  • Commenté dans la revue Les libraires par Marie Vayssette, librairie de Verdun

    Ces quatre auteurs soulèvent avec intelligence ce qu’implique le travail d’aujourd’hui. Posons-nous la question de savoir si le travail est une fin en soi. Il ne s’agit pas ici de l’abolir, mais bien de l’interroger, de se rendre compte de sa place dans nos sociétés, nos vies, dans notre rapport à l’autre ou encore même dans nos valeurs. Avec l’augmentation de la robotisation, il est inévitable de prendre le temps de réfléchir à la place de l’individu, mais aussi de mesurer la responsabilité des entreprises au bien-être de celui-ci. Si nous sommes dépendants économiquement, nous le sommes aussi socialement. Et s’il y a servitude, l’occasion est là de se libérer du consumérisme pour reconstruire son identité et non celle qui nous est dictée.

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